Comment formuler une critique au travail ?

Lorsque les collègues bâclent leur travail ou se croient tout permis, on est bien tenté de leur passer une douche écossaise. Mais comment maîtriser l’art et la manière de critiquer un collaborateur ? Le psychiatre et consultant François Lelord nous livre ses conseils.

Critiquez à bon escient

La règle d’or est de ne pas réagir de manière affective. Il ne faut surtout pas attaquer le salarié sur un autre sujet que sa façon de travailler. « On ne doit faire de critiques que sur des comportements que l’on peut modifier, et pas de commentaires sur la personnalité », explique François Lelord. « Cela blesserait votre collaborateur et sous entendrait qu’il ne peut pas changer ». Evitez de vociférer, par exemple : « Tu es égoïste car tu prends tes vacances sans demander aux autres », mais dites-lui plutôt: « Ce serait mieux que tu nous concertes pour prendre tes vacances ! »

Mettez-y les formes

Il est rarement agréable de se déchaîner sur un collègue: autant le montrer pour qu’il ne pense pas qu’on l’attaque avec sadisme. « Il est préférable d’annoncer qu’on est gêné ou mal à l’aise de faire la critique, poursuit le spécialiste. Cela montre qu’on le considère, qu’on le respecte. Il faut faire preuve d’empathie. » Une autre introduction possible est de dire que l’on comprend le point de vue de son collègue, mais que l’on a un avis différent nous conduisant à émettre une critique. « Quand le problème est important, il convient de faire une critique formelle et compréhensible pour marquer le coup, plutôt qu’entre deux portes », conseille François Lelord. Sinon, votre discours risque de manquer de portée, et les changements se feront attendre !

Va-t-on vous pardonner vos critiques ?

L’ego de certains collaborateurs vit très mal le fait d’être attaqué. « Il est normal que vos collègues trouvent la critique pénible. Il faut qu’ils prennent le temps de la digérer », souligne le psychiatre. Mais si vous percevez une rancoeur longtemps après la critique, voyez votre collègue en tête-à-tête et dites lui : « J’ai l’impression que tu m’en veux. » Sachez lui faire comprendre que vous l’avez « alerté » dans son intérêt. « Critiquer, c’est donner une chance à l’autre de changer, conclut le spécialiste. C’est respecter la personne car on estime qu’elle peut s’améliorer. » Et pour dissiper totalement la brouille, sachez le féliciter lorsqu’il s’améliore. Sans rancune !

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