Pourquoi peut-on être accro aux jeux ?

Au XVIIIe siècle, Dostoïevski brosse le portrait d’un joueur au destin tragique, dont la passion pour le jeu le mènera à sa propre ruine. Cette représentation d’un joueur accro, jouant sa vie à la roulette, n’est toujours pas désuète aujourd’hui. D’après l’Insee, en 2006 près de 30 millions de personnes ont tenté leur chance au moins une fois dans l’année à un jeu de hasard et d’argent en France. On sait d’ailleurs que chez certaines personnes ce type de jeux peut devenir préjudiciable et générer des dommages individuels, familiaux, sociaux et professionnels, voire, prendre la dimension d’une réelle conduite addictive. Décryptage…

Profil de joueur

Pour le psychanalyste Bergler, il faut différencier deux types de joueurs. Le joueur pathologique, par opposition au joueur « social » ou récréatif. Incapable de s’arrêter de jouer, le joueur pathologique prend des risques quotidiennement. Il veut sentir le frisson du jeu, et génère donc une escalade des enjeux. Selon le psychanalyste Marc Valleur, auteur de Le jeu pathologique, le joueur pathologique « ne joue certes pas pour gagner, il ne joue pas non plus systématiquement pour perdre, mais pour les instants vertigineux où tout – le gain absolu, la perte ultime – devient possible ».

D’un point de vue psychologique, il existe deux types de comportements plus ou moins graves. Le joueur excessif présente des troubles impulsifs. Ces troubles font partie du groupe des « addictions sans substances ». Le joueur dit « pathologique » est incapable de contrôler son comportement (besoin impérieux de jouer, sommes investies de plus en plus importantes…) et ce, malgré les conséquences négatives de la poursuite du jeu (endettement, problèmes familiaux et professionnels…). Le joueur dit « problématique », n’est pas considéré comme atteint d’une pathologie. Ce joueur qui montre des difficultés en lien avec son comportement de jeu, ne souffre pas encore d’une réelle addiction comportementale ou addiction sans substances. Pourtant, ce joueur, qui recherche la distraction, évolue selon une stratégie de fuite de la réalité.

Quels sont les jeux dangereux ?

Tous les jeux ne comportent pas le même risque d’addiction. Même si l’on observe la montée d’un réel engouement pour les jeux vidéo et en réseaux sur internet, les jeux de hasard et d’argent ont connu une croissance importante depuis 40 ans. Plusieurs études montrent que c’est en fait la limitation du délai entre la mise et le gain attendu, qui génère le plus de risques pour le joueur. Ainsi, plus la possibilité de répétition de la séquence de jeu est élevée, plus le risque d’addiction est grand.

Histoire des jeux de hasard et d’argent en France

Avec un chiffre d’affaires de 9,7 milliards d’euros en 2017, la Française des Jeux (Loto, Loto sportif, Keno et jeux de grattage) ont fait participé en 2016 pas moins de 29 millions de personnes en France. Sur ce total ahurissant, 49 % étaient des hommes, 51 % des femmes.
Enfin, il existe 192 casinos en France, totalisant un chiffre d’affaire de 18,66 milliards en 2014 et 64 millions d’entrées. Les habitués des casinos sont à 41 % des inactifs, sans emploi ou retraités.

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